Histoire de L'USMB
Union
Sportive Musulmane
Blidéenne (USMB),
ou « El Djemya », comme il plaît si bien aux
vieux blidéens de lappeler, est lun des plus
grands clubs dAlgérie de football après
et surtout avant lindépendance du pays.
Pour des raisons que lon ignore, lUSMB
nétait pratiquement jamais citée dans les
reportages consacrés aux grands clubs de football avant
1962. Les clubs quon citait étaient le MCA, le
CSC, lUSMO, lUSMAlger
pourquoi une telle injustice
envers le doyen de la Mitidja ?
Le club de la ville des roses est un club qui
na aucun titre à son palmarès : ni coupe,
ni championnat, mais nonobstant de cela, léquipe
de la ville de Sidi Ahmed El Kebir, cest lhistoire
dun club qui a donné des dizaines de ses meilleurs
enfants pour lindépendance du notre pays. Lhistoire
du club comme celle de la Mitidja est jalonnée de hauts
faits.
« El Djemya » est un héritage
que lon se transmet de père en fils, si le grand
père, le père ou le grand frère sont des
fidèles du club, il ny a pas de raison pour que
le fils ou le petit fils ne suivent pas lexemple de leurs
aînés.
Lhistoire de ce club, très cher aux
habitants de la Mitidja, est très mouvementée.
LUSMB qui a défié avec les rares équipes
musulmanes de cette époque, les grandes équipes
coloniales a connu la gloire en nationale (après lindépendance)
ensuite par la négligence des hommes, lUSMB a connu
lenfer de la régionale et de linter wilaya.
La glorieuse USMB est devenue le « NRBB » ou «
Lerneb » comme il plaisait à ses détracteurs
de lappeler, lUSMB a failli sombrer dans loubli.
Deux années, après que les Français
aient fêté, dans un faste tapageur, le centenaire
de la colonisation de lAlgérie et face à
leur politique assimilationniste, une poignée dhommes
dont EL Hadj Braham, Ali Rouabah (premier président de
lUSMB), Ali Benkerfi, El Gharbi, El Houari et bien dautres
décidèrent de la création dun club
musulman qui se démarquerait des autres clubs de la villes,
tous colons. Ainsi en 1932, lUnion Sportive Musulmane
Blidéenne vit le jour. Elle est pour beaucoup de personnes
la continuité du Sporting (Club musulman de Blida) qui
fut dissous en 1928 à la suite dincidents lors
dune rencontre avec lAS le Bon (Ruisseau-Alger)
club colonial. Dans cette période la création
de lUSMB et dautres équipes musulmanes concrétisait
le rattachement de lAlgérien à sa personnalité,
à sa patrie, à son histoire et constituait une
réponse cinglante à ceux qui prétendaient
que nos ancêtres étaient les Gaulois et notre patrie
était la France. Et puis quon le veuille ou non,
le sport qui servi lAlgérie a toujours été
le meilleur moyen pour véhiculer le message politique
nationaliste.
En 1932, lUSMBlida évoluait en 3
ème division et était affiliée à
la Fédération Française de Football Amateur
(FFFA). Voyant que de tels clubs pouvaient constituer un danger,
le colonisateur a décidé de les infiltrer. Par
le biais du décret Pierre Bordes (Gouverneur général
1936-1937), trois joueurs européens, cinq durant les
années suivantes, étaient imposés à
chaque club musulman.
Parmi les joueurs qui endossèrent les premiers
le maillot « vert et blanc » en 1932, nous citerons
Chelha Sid Ahmed, Djebbouri Hani, Laïd, Feknous Mohamed,
Bouchama, Hadji, Bouaïfer Abdelkader, Dahmane Boufarik,
Dahmane Zahour, Karadaniz, Abbassi Mohamed, Hamitouche
.
Laccession de lUSMB en deuxième
et première division eut lieu durant les premières
années juste après sa création. Durant
les années 1937 1938 plusieurs joueurs de lAS
Boufarik rejoignirent le club de la ville des roses, parmi eux
nous citerons : Hamidouche, Doudou Ali et Belfoul.
Les matchs qui eurent lieu entre les équipes
musulmanes de cette époque là, se déroulaient
toujours dans un esprit sportif. Contre les équipes coloniales
les parties de football étaient de véritables
batailles. LUSMB a toujours été un grand
club omnisport, il y avait une section de boxe, une section
dathlétisme, de cyclisme et surtout une excellente
équipe de basket-ball où le meneur de jeu, le
chahid Laroussi Mohamed, Faisait des merveilles.
De 1939 à 1946, lUSMBlida prit part
au Critérium dAlger pour combler le vide occasionné
par la deuxième guerre Mondiale et se maintenir en forme
; durant la saison 1947-1948, lUSMB accède en division
dhonneur après avoir terrassé, en match
barrage, lautre club de la ville (celui-là européen)
LUSB par les sans appel de 6 à 1 et 4 à
0.
Parmi les joueurs qui prirent part à ces
mémorables rencontres, il y avait : Menacer, Mansouri,
Belfoul, les frères Bouguerra, Imkaoudene, Bernou Ahmed,
Djoudad, Zouraghi, Hatem, Dahmouche, Mellal, Benmaïda dit
morena, Berrahal
avec cette accession, Blida rejoignit
le MCA, lASSE le GSA, lAS Boufarik, le FC Blida,
lOM Marengo, le RUA, le Red star, lOHD, le GSO
en division dhonneur, le club de la ville des roses cest
toujours classé parmi les premiers.
Lors de la saison 1950 1951, lUSMBlida
rencontra dans le cadre de la coupe dAfrique du Nord,
un autre grand club musulman de lépoque lUSMOran,
léquipe dOran gagna le match par 1 but à
0.
En 1952 1953 et 1954, les Bayou, Zouraghi
Zoubir, Ousser, Khabatou S, Brakni, Chalane, Hadji, Sebkhaoui,
Mazouza, Bouak, Begga, Dahmane Mokhtar firent voir de toutes
les couleurs à leurs adversaires. A la fin de la saison
1954 1955 et ensuite à lappel lancé
par le Front de Libération National, lUSMBlida
arrêta toute compétition et ses joueurs gagnèrent
le maquis. Plusieurs dentre eux tombèrent au champ
dhonneur dont Zouraghi Zoubir, Djaker, les frères
Brakni, Larroussi
.. ils étaient des dizaines à
donner leur vie pour lAlgérie.
Pourtant le souvenir de cette équipe ne
pouvait sentomber des mémoires. Les échos
qui parvenaient des stades du monde, où notre glorieuse
équipe (USMBlida) combattante damait le pion aux géants
du football, rendaient la privation insupportable.
Lissue de la guerre étant inéluctable,
les inconditionnels de LUSMBlida pensaient déjà
à la reprise. Dés le mois daoût 1962
dans leuphorie générale qui a suivi lindépendance,
les dirigeants de LUSMB décidèrent de renouer
avec la compétition sportive ; monsieur El-Houari, Hadji,
Maded, Adouz, Sidi-Moussa et bien dautres essayèrent
de reconstituer léquipe qui boycotta le football
colonial en 1955. Ils invitèrent une sélection
de lOuest au Stade municipal dAlger (lactuel
20 Août). Cest aussi loccasion de recenser
leffectif sorti indemne de 7 années de guerre de
libération.
Des dizaines denfants du club manquaient
à lappel. Ils étaient tombés les
armes à la main pour que vive lAlgérie,
dautres épuisés par les tortures, les exactions,
les déportations et les humiliations ne pouvaient plus
reprendre la compétition.
LUSMB fit appel à ceux qui restaient,
elle fut renforcée par des joueurs de la région,
parmi eux deux Français nés en Algérie
: Zaragozi (F.C.B) et Baldo (El-harrach) portèrent le
maillot Vert et Blanc jusquà leur retraite. Le
stade municipal vibra cette soirée là. Le spectacle
était total, les Blidéens lemportèrent
sans problème par 4 buts à 1.
Ce succès tout à fait symbolique
encouragea quand même les Blidéens à remettre
sur pied une équipe performante qui allait évoluer
en Honneur avant de rejoindre, avec les meilleurs clubs du pays,
la Nationale. Lors de cette année test passé en
division dhonneur, LUSMB plana allégrement
face aux modestes équipes qui la composaient (Zeralda,
ASPTT, ...). Elle faisait des scores à la hauteur du
8 à 0 et 11 à 0.
Cette heureuse initiative de créer une
division nationale allait permettre aux jeunes Algériens
de se connaître davantage. Des Oranais se déplaçaient
chaque semaine jusquà Annaba, des Constantinois
vers Alger et Blida, cétait aussi loccasion
de voir chaque week-end en chair et en os les glorieux joueurs
de léquipe de FLN. Ainsi naquit la 1 ère
Fédération Algérienne de Football, le docteur
Maouche et Zaïbek en furent les premiers responsables.
Lhonneur de remporter les premiers titres
officiels de cette 1 ère édition revinrent à
LUSMAnnaba et lEntente de Sétif. Cétait
lépoque du grand Chabab de Belcourt, de lEscadron
noir de Guelma, des rivaux dAlger (NAHD, USMA, MCA,
)
dOran (ASMO, MCO,Médioni) de lESMostaganem,
du mouloudia de Saïda
LUSMBlida des Zaragozi, Titous, Bega, Chalane,
Ouser, Zahran, Mazouza, Baldo, Guerache
était redoutable.
Le spectacle était garanti, Sebkhaoui à lui seul
valait le déplacement, les Blidéens se racontent
toujours ses exploits.
En 1965, elle faillit pourtant inscrire son nom
sur tablettes de Dame coupe, puisquelle arriva jusquen
demi-finale pour buter contre les Mostaganémois de lESM.
En finale, le mouloudia de Saïda de Saïd Amara lemporta.
Durant ces années, LUSMB continuait
de faire le spectacle et à drainer les foules à
travers tout les pays, Bendjiar le recruteur contacta Moncef
et Henia, les Tunisiens, et Moundji le Lybien pour remplacer
les anciens qui vieillissaient. Les spectateurs étaient
de plus en plus nombreux mais cela nempêcha guère
lUSMB de jouer à chaque fois le maintien alors
que des clubs plus modestes se maintient sans problème
parmi lélite. En 1967, finit par reléguée
en division inférieure. Plusieurs joueurs partirent et
Mazouza entraîna dautres clubs (RCKouba, Clef).
Quatre années plus tard, le ciel Blidéen
assombri par labsence de résultats connut une éclaircie.
Champion de la Division II groupe centre ouest, lUSMB
devait affronter en 2 matches de champion du groupe centre est
: lUSSanté, une seul place était disponible
en nationale une, il fallait donc disputer les barrages en terrains
neutres. Deux matchs furent programmés, le 1 er à
Tizi Ouzou, le second à Miliana, Hasni Djillali entraîneur
de lépoque négocier avec beaucoup de bonheur
ce double coup.
A aller l'USMB n'égalisa que dans les toutes
dernières minutes par Kellal. L'USSanté était
une équipe très coriace renforcé par de
grands joueurs Algérois. A Miliana, quinze jours plus
tard, Akli et Brahimi furent les bourreaux des hospitaliers
d'Alger, c'était le délire à Blida. Sur
la lancée, Mazouza retourne au bercail et mit au point
une terrible machine avec les Allili, Saâdane, Akli Benturki,
Selami, Benzohra, Kelal, Mokadem, Berouane...
Dés sa 1 ère année en National
une, l'USMB se classa parmi les meilleurs. L'année d'après,
elle se retrouva en demi finale de coupe d'Algérie face
à l'invincible USMAlger. Les supporteurs Blidéens
se souvient de ces 2 matchs terribles pour les nerfs, et des
préparatifs qui ont précédé l'élimination.
L'amertume ressentie ne fut jamais digérée puisquen
1976, l'USMB se retrouva reléguée, C'est le début
des années noires pour les Blidéens et l'USMB.
Encore une date noire pour l'USMBlida : 1977 application
de la réforme sportive. Létatisation du
sport et le nouveau sigle NRB furent fatals. La population tourna
le dos au NRB et c'est dans l'indifférence générale
que le NRB fallait déclarer forfait. Dans l'enfer de
l'inetr-Wilaya, le NRB affrontait, Djendel, Fouka, Oued El Alleug,
des petits villages de la Mitidja.
Un citoyen de la ville et ancien sportif, Sellimi
Djilali à qui il faut rendre hommage, prit en charge
le club et engagea comme entraîneur Hamid Bacha. Progressivement,
il construit une équipe solide et expérimentée
qui va au charbon. Blida après plusieurs années
dans anonymat, fit la une des médias en battant à
Bologhine le NAHD en coupe d'Algérie. Ce fut le déclic
psychologique. Encore une date importante : 1982, date de l'accession
en régionale, le président Abdallah Kerrache prit
le relais et fit accéder le club en National II la saison
86/87 ; la saison 91/92 l'USMB est en national I.
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Article
d'un journal